MusicaInfo
Rendez visite à nos partenaires :
Musicainfo Instagram - cliquer ici
Accueil | Recherche | Panier | Mon compte | Mon Radio | Blog | S'inscrire | Ouvrir une session Deutsch|English|Español|Italiano|Nederlands
 Base de données
Partitions
CDs/DVDs
Ouvrages spécialisés
Accessoires
Sous-catégories
Compositeurs / collaborateurs
Éditeurs de musique
Partenaires de livraison
Abréviations
Blog
Radio
Recherche rapide:
 Informations
Qui sommes-nous ?
Pièces de classement (at, ch, de)
Contactez-nous
Rendez visite à nos partenaires :
Musicainfo Facebook - cliquer ici
PartitionsPartitions
Morias Enkomion - cliquez pour agrandir l'image
cliquez pour agrandir l'image
Titre Morias Enkomion  NOUVEAU ! 
Référence article 4123210
Catégorie Harmonie/Fanfare/Brass-band
Sous-catégorie Solo pour Piano
Instrumentation Ha (orchestre d'harmonie); Pno (piano)
Instrumentation / informations Solo f. Pno
Format/Umfang PrtStm (partition et pièces)
Pays de publication Pays-Bas (nl)
Editeur * Molenaar Edition
Référence article / fournisseur * MOL 013833090
Prix Connectez-vous pour afficher le prix.cliquer ici
Compositeur Schrijvers, Geert
Niveau 5
Durée 12:00
Informations complémentaires/contenu La composition de Geert Schrijvers, *Morias Enkomion*, s'inspire de l'œuvre satirique d'Érasme, *Éloge de la Folie*, où la Folie personnifiée se moque des faiblesses humaines et des contradictions de la société. Dans cette œuvre musicale, le piano endosse ce rôle. Il observe l'orchestre, réagit à ses sonorités, provoque et anticipe les événements musicaux. Le motif de la « dormance » et le tintement des grelots du bonnet du bouffon soulignent son caractère ironique et autocritique.

Schrijvers établit un lien entre la critique sociale historique d'Érasme et le vécu de la pandémie de COVID-19. Les antivaccins, les théories du complot, les confinements, la peur et la polarisation sont musicalement amplifiés. Le trombone basse incarne un politicien fanfaron, la sarabande changeante représente l'aliénation et la marche ascendante symbolise la montée des tensions sociales. Ainsi, le piano devient à la fois un instrument de raillerie et un acteur de la société critiquée. Cette composition encourage non seulement à rire des erreurs des autres, mais aussi à remettre en question ses propres peurs, préjugés et certitudes.

(© musicainfo.net)
Extrait vidéo *
Écouter sur Musicainfo Radio * Musicainfo RadioLes champs signalés par un astérisque (*) ne sont accessibles qu'aux membres de l'association après ouverture d'une sessioncliquer ici
Disponible oui oui
Programme notes *: texte complémentaire

Éloge de la Folie : La Folie comme miroir de la société

Érasme de Rotterdam publia l'*Éloge de la Folie* en 1511. Cet ouvrage satirique est l'un des textes les plus importants de l'humanisme européen. Érasme y emploie la figure de style du discours du fou : la Folie personnifiée prend la parole et vante ses prétendues vertus. Il en résulte un texte à double tranchant où louange et critique s'entremêlent constamment. La Folie prétend contrôler la vie humaine et démontre que presque tous les domaines de la société sont caractérisés par l'illusion, la vanité et l'irrationalité.

L'analyse ne porte pas seulement sur les individus, mais aussi sur des groupes sociaux et des institutions entières. Érudits, théologiens, dirigeants et hommes politiques sont passés au crible, de même que la quête quotidienne de reconnaissance, de possessions et de pouvoir. Érasme ne formule pas sa critique comme une simple dénonciation. Il donne la parole à la folie elle-même et, ce faisant, révèle les contradictions de l'action humaine. Le discours du fou divertit, raille et, simultanément, invite à l'introspection. Ceux qui rient de la folie d'autrui doivent se demander s'ils ne font pas eux-mêmes partie du monde critiqué.

Composition de Geert Schrijvers « Morias Enkomion »

Geert Schrijvers reprend cette idée fondamentale dans sa composition *Morias Enkomion* pour orchestre d'harmonie de haut niveau. La réalisation musicale transpose la personnification littéraire de la folie au piano. Instrument atypique au sein de l'orchestre d'harmonie, il ne se contente pas de jouer en soliste aux côtés de l'ensemble. Il observe l'orchestre, réagit à ses gestes, provoque des processus musicaux, voire les anticipe. Il en résulte une figure qui ne s'intègre pas pleinement au paysage sonore, sans pour autant en rester détachée. Le piano commente les événements et, simultanément, devient partie intégrante de la société qu'il examine d'un œil critique.

Ce double rôle correspond à la fonction de la folie dans la musique d'Érasme. Le piano peut sembler souverain, mais, par des entrées inattendues, des exagérations ou des effets sonores grotesques, il remet en question l'autorité de l'orchestre. Il paraît observateur et moqueur, et pourtant, il n'est pas exempt des contradictions qu'il révèle. Le motif dit du « sommeil prolongé » évoque une attitude de distraction ou d'endormissement. Les grelots du bonnet de bouffon renforcent le caractère ironique : ils désignent le personnage comme un fou, mais attirent simultanément l'attention sur des affirmations qu'on ne peut balayer d'un revers de main comme absurdités.

Schrijvers élargit la référence historique à Érasme pour y inclure les expériences de la pandémie de COVID-19. Les antivaccins, les théories du complot, les confinements et la polarisation sociale croissante n'apparaissent pas comme des instantanés documentaires isolés, mais comme des manifestations musicalement amplifiées de l'incertitude et de l'aveuglement humains. La composition ne se contente pas de présenter un camp comme raisonnable et l'autre comme insensé. Elle montre plutôt comment la peur, la méfiance et le désir d'explications simplistes peuvent exacerber les tensions sociales. La folie devient ainsi une figure contemporaine.

Cela est particulièrement évident dans les personnages musicaux. Le trombone basse incarne le politicien fanfaron. Son timbre peut exprimer l'autorité et la puissance, mais aussi l'exagération et la simplification grossière. La sarabande, à l'origine un mouvement de danse clairement défini, se transforme au fil de l'œuvre. Sa mutabilité peut être interprétée comme une image musicale de l'aliénation : l'ordre familier demeure reconnaissable, mais perd progressivement de sa stabilité. La marche, qui s'intensifie, conduit finalement à un climat de polarisation et de peur. Ce qui, au départ, semble être un mouvement partagé se mue en un processus de désintégration de plus en plus menaçant.

• De cette manière, Schrijvers relie la satire sociale historique d'Érasme à une réflexion musicale sur le présent. Le piano, incarnant la folie, raille, commente et perturbe. Il oblige l'orchestre à réagir à ses interventions, rendant ainsi audibles des tensions latentes. La force critique de cette composition tient précisément au fait que le personnage, loin de se moquer des autres, reste pris au piège des événements. *L'Éloge de Moria* nous invite non seulement à porter un jugement sur les phénomènes sociaux, mais aussi à questionner nos propres perceptions, peurs et certitudes. •

Text: © musicainfo.net (KI)

Quellen/Sources:
Molenaar: Morias Enkomion
Signaler une erreur dans le texte ou les données

*Les champs signalés par un astérisque ne sont accessibles qu'aux membres de l'association après ouverture d'une session.

Vous ne vous êtes pas identifié : s'inscrire ou ouvrir une session
Rendez visite à nos partenaires :
Musicainfo Facebook - cliquer ici
Nos bannières publicitaires | Pour les éditeurs et les revendeurs | Lettre d'information
Collecte de données Copyright 1983-2025 Helmut Schwaiger. Conception de base de données et de site Web Copyright 2002-19 Robbin D. Knapp.